Première rencontre du collectif Lettres vives : quel bilan?

Les membres du collectif Lettres vives se sont réunis pour la première fois le samedi 4 mai dernier. Une journée riche et intense, qui s’est clôturée avec la rencontre de Maria Candea et Laélia Véron autour de leur livre, Le Français est à nous à la librairie Libertalia à Montreuil. Étaient présent·es des collègues du premier et du second degré, collège et lycée, de la voie générale comme de la voie professionnelle. Les échanges ont permis tout d’abord de revenir sur les lois Blanquer, les réformes en cours et la manière dont elles mettent en péril non seulement l’école, mais également l’enseignement des Lettres. Cependant, le collectif Lettres vives n’a pas seulement vocation à répondre et à faire preuve d’un regard critique face aux projets du gouvernement. C’est pourquoi nous avons consacré une large partie de la journée à parler pédagogie et didactique, à esquisser des pistes de réflexion et de travail, pour un autre enseignement des Lettres, qui œuvre pour l’émancipation […]

Il y a un an, naissait le collectif Lettres vives

Le 1er mai est la fête internationale des travailleurs et des travailleuses, symbole des luttes menées depuis 1889 par les ouvrièr·es. Après la manifestation de Fourmies, dans le nord de la France, et la mort de 9 ouvriers tués par la police, l’églantine écarlate devient elle aussi le symbole de cette lutte sanglante. Ce sont ces deux symboles que le collectif Lettres vives a décidé de mettre en avant en apparaissant publiquement le 1er mai et en choisissant l’églantine créé pour l’occasion par Émilie Soto comme logo. Nous avions alors la volonté de redonner du souffle, de la vie et de l’enthousiasme à l’enseignement des Lettres, de s’émanciper de pratiques dépassées et cadenassées, pour les élèves comme pour les enseignant·es, de lutter aussi contre une vision passéiste et restrictive de la littérature, de l’écriture et des pratiques langagières, et de combattre, enfin, un discours décliniste portant un regard accusateur sur […]

Sur la réforme des programmes de Lettres au lycée général et technologique

Que nous dit la réforme des programmes de Lettres au lycée général et technologique? Quelles sont les réserves émises par les équipes concernant les parcours des élèves, leurs apprentissages, mais également les conditions de travail des enseignant·es? En quoi l’image de l’enseignement des Lettres, le plaisir de l’écriture et des découvertes littéraires de toute époque et de tout pays, sont-ils mis à mal avec ces nouveaux programmes?   C’est ce que nous diront les deux textes suivants: le premier, une lettre ouverte rédigée et signée par les équipes de Lettres de différents lycées de la région de Marseille, à destination des IPR, et le second, écrit par Delphine Dieu, membre du collectif Lettres vives, professeure de Lettres en lycée. Elle y exprime son ressenti face à cette énième réforme, qui peut atteindre dangereusement notre liberté et notre envie d’enseigner si, collectivement, nous n’y trouvons pas nos propres remèdes. 20190429Lettre ouverte […]

1ère rencontre du collectif!

Le samedi 4 mai, à Paris, les membres du collectif Lettres vives organisent leur première rencontre pour construire, ensemble, des pistes de travail en faveur d’un autre enseignement des Lettres. – Enseigner le français, pour quoi faire? – Quelles pratiques émancipatrices de la littérature, de l’écriture? – Quels usages et quel enseignement de la langue? Quels rapports entre les élèves et les pratiques langagières? – Quelle part de liberté pour les élèves, dans le choix des savoirs et objets d’études, dans les modalités de travail, mais aussi dans l’espace classe, dans leur établissement? – Quels positionnements face aux réformes Blanquer? Comment subvertir des programmes rétrogrades qui réduisent à littérature et l’enseignement des Lettres à quelques grands noms et principes? Ces échanges seront fondés sur nos pratiques, notre expertise pédagogique, mais également nos lectures, nos recherches et les études touchant à l’enseignement des Lettres, à la littérature, à la linguistique…   […]

De l’émancipation

Un an après la naissance du collectif Lettres Vives, nous tombons tous à peu près d’accord sur la question qui nous rassemble (la question, pas l’affirmation) : comment l’enseignement du français peut-il apporter sa pierre à l’émancipation des élèves et nourrir leur autonomie ? Cette question a rencontré des interrogations proches, notamment la publication récente d’un ouvrage important : Les Pédagogies critiques, dirigé par Laurence de Cock et Irène Pereira, aux éditions Agone. Citons Irène Pereira, qui explique, dans Le Café Pédagogique, les questions concernées par cette pédagogie : « Tout ce qui concerne les inégalités sociales, environnementales, les discriminations. Par exemple c’est l’éco-pédagogie : un courant qui s’intéresse à la question de la conscientisation des questions écologiques en essayant de développer chez les élèves une conscience planétaire. Dans les pays scandinaves on voit se développer des pédagogies critiques des normes : elles interrogent les normes dominantes par exemple l’hétérosexualité, le validisme (un corps valide […]

Loi Blanquer, communiqué du collectif Lettres vives

La loi pour une école de la confiance votée par l’Assemblée ce mardi 19 février 2019, malgré la levée de boucliers de cinq organisations syndicales enseignantes, n’avait pas à l’origine de colonne vertébrale et ressemble au final, après de très nombreux amendements, à un effrayant « fourre-tout ». Cependant des perspectives, qui nous semblent hélas familières, se laissent deviner : – la recherche désespérée d’économies d’échelle aux dépens des familles et de la communauté éducative, comme dans d’autres services publics (la santé ou la justice) ; – un feuilletage hiérarchique plus complexe au niveau des EPSF(1) nouvellement créés, dotés d’une gouvernance plus rigide, menée en commission permanente plus qu’en conseil d’administration, où siège pourtant l’intégralité des représentants des personnels ; – une vision toujours plus crispée et crispante de l’identité nationale (les drapeaux, la Marseillaise dans les classes) ; – les tentatives d’intimidation des personnels dans leur liberté d’expression ; – le financement des école privées par contrecoup […]

Écrire, une punition? Pas question!

Suite aux déclarations du ministre Blanquer parues dans le Figaro le 31/10/2018, dans le cadre de son plan contre les violences à l’école, nombreuses sont les plaisanteries tournant en dérision des propositions qui, il faut bien l’avouer, n’ont rien ni de nouveau, ni de convaincant, ni de sensé. Parmi les déclarations ridiculisées, cette suggestion de punition faite par le ministre aux enseignant·e·s : « tout simplement demander de faire des lignes, ce qui marche très bien ». On pourrait certes sourire, comme beaucoup, du caractère à la fois désuet et absurde de la proposition. On pourrait aussi s’interroger sur ce qui fait dire au ministre que ça « marche très bien » (grâce à cela, ils et elles prendraient pleinement conscience de leur erreur, ne recommenceraient plus, seraient d’un coup plus motivé·e·s par l’école? Moins de violences, donc?). On pourrait enfin relever que le ministre brandit sans sourciller une punition tout à fait illégale […]

Lettres vives au Salon Freinet le 6 octobre à Paris

Plusieurs membres du collectif Lettres vives seront présent·e·s le samedi 6 octobre au Salon Freinet à Paris. Tout d’abord, de 16h à 17h, pour participer à l’atelier de témoignages et d’échanges autour du thème  « Lecture, culture, liberté : y a-t-il péril en la demeure? ». Ensuite, de 17h15 à 18h30, avec Catherine Chabrun et Laurent Ott, pour une table ronde portant sur le même thème.   Nous vous attendons nombreuses et nombreux!

Brevet des collèges 2018 : De quoi l’épreuve de français est-elle le nom ?

Après la note de février qui modifiait en partie les modalités de l’examen de français, nous étions très curieux de voir à quoi elles allaient ressembler. Nous n’avons pas été déçus. Les concepteurs du sujet ont sans doute eu à cœur de se conformer à l’esprit des préconisations diverses de notre ministre de tutelle. En lisant le sujet, nous avons été  transportés dans le passé : textes classiques, vision traditionnelle de l’école et de ses enseignants… tout y était. Nous avons lu un sujet qui aurait pu être proposé au milieu du siècle dernier. Un sujet fleurant bon les années 60 / un sujet passéiste Le texte était un extrait d’Uranus, de Marcel Aymé,  choix dont on peut questionner la validité au vu des IO. En effet, en quoi se coule-t-il dans le programme de l’année de Troisième ? Nulle satire, nul engagement, nulle vision poétique du monde, nulle écriture […]

Que nous dit la réforme de l’enseignement professionnel ?

Priorité à l’enseignement professionnel, ou aux préoccupations économiques ? Jean-Michel Blanquer affirme que l’enseignement professionnel est sa 2ème priorité, après l’école primaire (1). Mais ses discours, notamment lors de la conférence « Transformer le lycée professionnel » du 28 mai 2018, ne vont pas dans ce sens. Ce qui frappe dans ses prises de parole, c’est en effet l’émiettement des préoccupations sur l’enseignement professionnel au profit d’une omniprésence du vocabulaire de l’économie et des entreprises : le ministre parle d’être « au plus près des réalités constatées par le monde économique » (2), de « dialogue permanent avec les milieux économiques » (1), ou encore de « faire de l’investissement économique qui est utile socialement » et « de l’investissement social qui est utile économiquement » (2). La réforme de la voie professionnelle prévoit ainsi un « travail en osmose plus forte avec les régions, avec le monde professionnel » (1), le ministre précisant que l’Education nationale aura son mot à dire, mais […]