Contribution au Projet Local d’Evaluation dans un lycée du Loiret

Ce texte a été rédigé par l’équipe de lettres à l’occasion d’une journée banalisée de préparation du Plan Local d’Évaluation en septembre 2021 Évaluation en français Objectif de formation suivie • Nos objectifs sont fixés par le préambule des programmes d’enseignement de 2nde et de 1ere Objets évalués • Les exercices sont choisis parmi ceux proposés par les programmes d’enseignement de 2nde et de 1ere Nombre • Le nombre de notes est fixé par l’enseignant en tenant compte des heures attribuées, des élèves et des classes qu’il a en responsabilité • Nature des évaluations : il est entendu qu’il s’agit ici des seules évaluations notées ◦ elles sont définies à partir des exercices définis les par programmes d’enseignement de 2nde et de 1ere Poids/coefficient des évaluations • Le professeur détermine les coefficients des exercices en fonction des résultats et dans une démarche de bienveillance à l’égard des élèves Critères retenus • […]

Un sujet de brevet vraiment fantastique!

Les faits : le sujet découvert par les élèves et les professeur·es de la métropole ce lundi 28 juin portait sur un point du programme de 4e, le récit fantastique, à partir d’un extrait du Capitaine Fracasse, de Théophile Gautier. Traditionnellement, cela n’aurait pas vraiment posé de problème, puisque l’épreuve est censée porter sur tous les points abordés au cours du cycle 4. Mais c’était sans compter les conditions d’enseignement et d’apprentissage très particulières de ces deux dernières années. Les raisons du scandale : Les réactions ne se sont pas fait attendre : colère, dépit, désarroi face à un sujet portant sur le programme de 4e. Car pour beaucoup, en prenant – peut-être – en compte les difficultés d’études de l’année de 3e, les autorités auraient oublié le long confinement qui avait marqué la 4e, au moment où les élèves auraient dû, justement, aborder le récit fantastique. Ce sujet paraît donc particulièrement inadapté, […]

Comment la grammaire se vit-elle dans nos classes ? (2)

Il en est qui considèrent que l’enseignement de la grammaire doit être strictement descendant, magistral et impressionnant, avec le souci du technicisme et de la norme figée et inaltérable. Le ministre Blanquer en fait partie avec, dernièrement, l’absurde volonté d’interdire officiellement l’usage de la langue inclusive ! Il en est, comme le collectif Lettres vives, qui pensent que l’enseignement de la grammaire doit suivre la vie et l’évolution de la langue, qu’il est mises en expériences et questionnements, libertés par rapport aux normes et aux contraintes, curiosité face aux langues. Nos expériences en classe nous montrent l’extrême diversité de nos pratiques et la nécessité – la joie ! – à partir davantage des interrogations et relations des élèves à la langue que de cours plaqués et enfermants. Vous trouverez les premiers récits ici En voici d’autres, qui suivent une direction différente encore. Car les membres du collectif Lettres vives publient leurs pratiques […]

Comment la grammaire se vit-elle dans nos classes ? (1)

Il en est qui considèrent que l’enseignement de la grammaire doit être strictement descendant, magistral et impressionnant, avec le souci du technicisme et de la norme figée et inaltérable. Le ministre Blanquer en fait partie avec, dernièrement, l’absurde volonté d’interdire officiellement l’usage de la langue inclusive ! Il en est, comme le collectif Lettres vives, qui pensent que l’enseignement de la grammaire doit suivre la vie et l’évolution de la langue, qu’il est mises en expériences et questionnements, libertés par rapport aux normes et aux contraintes, curiosité face aux langues. Nos expériences en classe nous montrent l’extrême diversité de nos pratiques et la nécessité – la joie ! – à partir davantage des interrogations et relations des élèves à la langue que de cours plaqués et enfermants. En voici quelques récits… En guise d’introduction…(témoignage de Marie-Claude) La phase qui piquait, nous la devions à Rousseau, dans l’incipit des Confessions :  « Je n’ai […]

Non à des examens sous pandémie !

Pour le bien des élèves et des personnels, le passage des examens en contrôle continu est une nécessité ! Angoisses sanitaires et pédagogiques. Tel est l’étau dans lequel l’École est prise depuis un an, entre souci de protéger élèves, familles et personnels et souci de ne pas éloigner les jeunes des apprentissages scolaires. Une année scolaire chaotique Nous traversons une crise sanitaire majeure, nous la traversons avec nos élèves, tou·tes victimes de la confusion des injonctions ministérielles : ce sont treize millions de personnes concernées – sans compter les familles –, soit 20% de la population française. Comment, dans de telles conditions, exiger que l’année scolaire se termine comme d’habitude, notamment les examens ? Absences chroniques d’élèves, infecté·es ou cas contacts. Arrêt maladie des enseignant·es, non remplacé·es en raison de la politique de recrutement déplorable du gouvernement. Classes fermées. Hybridation de l’enseignement dans certains lycées depuis novembre mais pas dans d’autres. Inégalités d’un travail […]

Raconter les élèves

Attention !!! Divulgâchis ! Il y a de cela quelques années, alors que je regardais mes élèves concentré·es sur une évaluation, je me disais que j’aimerais écrire un livre sur elles et eux, leur pluralité, leur individualité, leur beauté (car y a-t-il rien de plus émouvant que des élèves concentré.es sur une tâche que vous leur avez donnée ?). Ce livre a été écrit depuis : c’est Rappeler les enfants, d’Alexis Potschke. Avant de l’ouvrir, je m’attendais à un simple livre de témoignage, pas à un texte aussi juste, beau et émouvant. Au début, c’est une sorte de chronique : de courts chapitres s’enchaînent, chacun centré sur un·e élève particulièr·e, dans son interaction avec le professeur (de français) narrateur ou avec ses camarades. Chaque chapitre creuse ainsi, d’abord esquissé puis dessiné avec de plus en plus de détails, le portrait d’un·e élève : son physique, son caractère, sa relation à l’école, avec ses […]

« Intégrer l’égalité dans les enseignements du second degré en lettres » : de quoi parle-t-on au juste ?

Lundi dernier, grâce à une recension du café pédagogique [1], nous avons découvert le dossier « intégrer l’égalité dans les enseignements du second degré en lettres »[2] proposé par Canopé et en libre accès sur le site.  Soulagé·es de voir enfin cet objectif de développement durable[3] inscrit dans les activités de notre discipline, nous avons rapidement déchanté à la lecture de son contenu et nous voudrions nous en expliquer ici. En effet, la plupart des séquences proposées envisagent la femme comme objet de discours. La femme y est donc un thème qui permet de construire des corpus de textes donnés à l’étude. Ainsi on pourra étudier, en classe de sixième, la problématique « être une femme » en s’appuyant sur les héroïnes des contes de Perrault et de Grimm, alors même que nous savons à quel point les élèves souffrent d’être enfermé·es dans des rôles genrés socialement et culturellement construits, où […]

Humanités, littérature et philosophie : un espace de liberté et d’émancipation

« Humanités, littérature et philosophie » : un enseignement plein de promesses. Quelques réflexions de Claire Tastet et Julien T.-Marsay, membres du collectif Lettres vives, qui enseignent cette discipline. 1-Pourquoi as-tu choisi (ou pas !) de prendre en charge cet enseignement ? Quelles envies, quels espoirs y mettais-tu ? Julien : Le choix a été conditionné par plusieurs facteurs. Primo, par une réalité toute prosaïque : les impératifs de la répartition de service. Deuxio, par un élan beaucoup plus idéologique : la facture du programme de français 1ère tronc commun qui induit un véritable rejet symbolique chez moi ! Je travaille énormément sur l’éclairage d’une autre Histoire littéraire que celle insufflée par la culture dite « légitime » : sur les autrices invisibilisées, sur les plumes décoloniales…. Dès lors, le programme du Bac français se pose comme l’antithèse de ma vision de la pédagogie des Lettres. Un programme orienté par cette histoire littéraire masculiniste héritée des jugements de Lanson […]

Le théâtre, le corps et l’émancipation — Entretien avec Nicolas Joray.

1. Tu enseignes le théâtre en Suisse, dans une « école de culture générale ». Peux-tu nous en dire plus sur le fonctionnement de ces écoles, en particulier à qui est destiné ou qui choisit de suivre le cours de théâtre? Il s’agit d’une école publique destinée aux adolescent·es qui sortent de l’école obligatoire, lorsqu’ils et elles ont 16 ans environ. La formation prépare à l’entrée dans des hautes écoles des domaines de la santé, du travail social ou des arts. On y dispense durant trois ou quatre ans une formation de culture générale. Mes élèves deviendront donc par exemple enseignant·es du degré primaire, infirmier·ères, artistes, éducateur·trices, ergothérapeutes. Cette formation se distingue donc du lycée, appelé également gymnase, qui ouvre les portes de l’université et qui est plus difficile d’accès. Cela fait dire à certain·es que l’école de culture générale accueille les élèves qui ne veulent pas suivre un apprentissage professionnel mais […]

Le temps de lire

Qu’est-ce que le quart d’heure de lecture ? Depuis quelques années, nous avons vu avec plaisir le quart d’heure de lecture entrer dans les établissements scolaires, surtout les écoles et les collèges. Il s’agit d’un temps dédié à la lecture, placé hebdomadairement ou quotidiennement, de 10 à 15 minutes de lecture dite libre. Si la pratique existait évidemment déjà dans quelques établissements qui n’ont pas attendu de mot d’ordre officiel pour mettre en place des temps de lecture, on ne peut nier que l’action de l’association Silence on lit ! a été pour beaucoup dans son développement (même si, j’y reviendrai, il y aurait beaucoup à dire sur les pratiques de cette association et la vision de la lecture qu’elle diffuse). En 2018, récupérant comme souvent les pratiques des personnels, le ministre Blanquer a adressé un courrier aux rectrices et aux recteurs pour faire la promotion du quart d’heure de lecture, si […]