CONTRE UNE REFORME INHUMAINE, les Citrons pressés font le mur : tous à la fête du livre !

Des professeurs de français dans des lycées publics et privés de Vendée continuent de manifester leur mécontentement face à la réforme qui menace leur enseignement. Le 19 juin entre 16h00 et  16h30, place du théâtre à la Roche sur Yon, ils apporteront les nombreux manuels, anciens et nouveaux, envoyés par les éditeurs scolaires.Ces manuels seront ensuite donnés à des associations humanitaires récoltant des livres scolaires à des fins caritatives. Merci à vous, journalistes, de votre présence mercredi 19 juin pour relayer la parole des profs de français. Anne Mongodin pour le Collectif des Citrons pressés qui rassemble des professeurs de français de 15 lycées publics et privés de Vendée . Photo ci-dessous : A qui profite la réforme? Chaque prof de Lettres a reçu une collection écrasante de nouveaux manuels de français en vue de la rentrée. A la toise: 1,25 m. de manuels scolaires pour le français, à consulter […]

Grève des examens : soutien du collectif Lettres vives

Face à une situation totalement inédite d’attaques graves contre l’éducation (Loi Blanquer, Parcousup, réforme du bac et des programmes du lycée général, technologique et professionnel, etc.) et de mépris vis-à-vis des élèves, des familles et des personnels (et de leurs organisations syndicales et professionnelles), le collectif Lettres vives apporte tout son soutien au mouvement de grève du 17 juin et des jours suivants. Notre collectif, qui s’est constitué il y a un an pour défendre un autre enseignement du français, de la maternelle à l’université, inscrit son action dans la lutte pour une école publique égalitaire et émancipatrice. Nous attendons que le ministère réponde au plus vite aux revendications des personnels, au lieu de multiplier les tentatives d’intimidation et de casse du mouvement de grève. Si ce n’était pas le cas, il porterait seul la responsabilité de la non tenue des examens… le 8 juin 2019

Et si c’était à refaire ?

Enseigner, c’est un peu comme cultiver des arbres : on reçoit des individus déjà un peu formés, on s’en occupe quelques temps puis on les laisse à d’autres et on n’a que peu de moyen de mesurer l’importance et l’efficacité de ce qu’on a fait. Alors depuis longtemps, j’ai l’habitude de proposer à mes élèves de petits questionnaires en fin d’activité ou en fin d’année. D’abord, il s’agit de permettre aux élèves de mieux réaliser, mesurer ce qu’ils ont fait, appris et appris à faire. Ensuite, c’est un moyen pour moi d’avoir une idée ce que les élèves ont perçu, compris de ma démarche et ce qu’ils ont retenu de ce que nous avons fait ensemble. Et puis c’est aussi un moyen d’avoir des idées nouvelles grâce à leur regard sur les activités proposées. « Et si c’était à refaire ? » est donc toujours la dernière consigne. La première remarque est […]

Première rencontre du collectif Lettres vives : quel bilan?

Les membres du collectif Lettres vives se sont réunis pour la première fois le samedi 4 mai dernier. Une journée riche et intense, qui s’est clôturée avec la rencontre de Maria Candea et Laélia Véron autour de leur livre, Le Français est à nous à la librairie Libertalia à Montreuil. Étaient présent·es des collègues du premier et du second degré, collège et lycée, de la voie générale comme de la voie professionnelle. Les échanges ont permis tout d’abord de revenir sur les lois Blanquer, les réformes en cours et la manière dont elles mettent en péril non seulement l’école, mais également l’enseignement des Lettres. Cependant, le collectif Lettres vives n’a pas seulement vocation à répondre et à faire preuve d’un regard critique face aux projets du gouvernement. C’est pourquoi nous avons consacré une large partie de la journée à parler pédagogie et didactique, à esquisser des pistes de réflexion et de travail, pour un autre enseignement des Lettres, qui œuvre pour l’émancipation […]

Il y a un an, naissait le collectif Lettres vives

Le 1er mai est la fête internationale des travailleurs et des travailleuses, symbole des luttes menées depuis 1889 par les ouvrièr·es. Après la manifestation de Fourmies, dans le nord de la France, et la mort de 9 ouvriers tués par la police, l’églantine écarlate devient elle aussi le symbole de cette lutte sanglante. Ce sont ces deux symboles que le collectif Lettres vives a décidé de mettre en avant en apparaissant publiquement le 1er mai et en choisissant l’églantine créé pour l’occasion par Émilie Soto comme logo. Nous avions alors la volonté de redonner du souffle, de la vie et de l’enthousiasme à l’enseignement des Lettres, de s’émanciper de pratiques dépassées et cadenassées, pour les élèves comme pour les enseignant·es, de lutter aussi contre une vision passéiste et restrictive de la littérature, de l’écriture et des pratiques langagières, et de combattre, enfin, un discours décliniste portant un regard accusateur sur […]

Le français est à nous ! note de lecture

Le 4 mai prochain, à 19 heures, le collectif Lettres vives organise une rencontre avec Maria Candea et Laélia Véron à la librairie Libertalia (Montreuil). Entrée libre et gratuite. « Le français est à nous ! » ne veut pas être un simple slogan, mais l’invitation à entamer une démarche d’appropriation collective des débats sur la langue, ses usages et son enseignement. Une démarche d’émancipation. » Maria Candea et Laélia Véron « La langue comme champ de bataille » Rares sont les sujets qui suscitent autant de passions (très souvent tristes…) que la langue française et sa nécessaire « défense ». La question est régulièrement investie par une rhétorique réactionnaire qui en a fait l’un de ses champs de bataille privilégié (avec l’école, l’identité, etc., le tout se mêlant et s’emmêlant !). Ces déplorations sont portées par une mouvance « réac-publicaine » – aujourd’hui de plus en plus active – pour qui la décadence de la langue est le prélude à […]

Sur la réforme des programmes de Lettres au lycée général et technologique

Que nous dit la réforme des programmes de Lettres au lycée général et technologique? Quelles sont les réserves émises par les équipes concernant les parcours des élèves, leurs apprentissages, mais également les conditions de travail des enseignant·es? En quoi l’image de l’enseignement des Lettres, le plaisir de l’écriture et des découvertes littéraires de toute époque et de tout pays, sont-ils mis à mal avec ces nouveaux programmes?   C’est ce que nous diront les deux textes suivants: le premier, une lettre ouverte rédigée et signée par les équipes de Lettres de différents lycées de la région de Marseille, à destination des IPR, et le second, écrit par Delphine Dieu, membre du collectif Lettres vives, professeure de Lettres en lycée. Elle y exprime son ressenti face à cette énième réforme, qui peut atteindre dangereusement notre liberté et notre envie d’enseigner si, collectivement, nous n’y trouvons pas nos propres remèdes. 20190429Lettre ouverte […]

1ère rencontre du collectif!

Le samedi 4 mai, à Paris, les membres du collectif Lettres vives organisent leur première rencontre pour construire, ensemble, des pistes de travail en faveur d’un autre enseignement des Lettres. – Enseigner le français, pour quoi faire? – Quelles pratiques émancipatrices de la littérature, de l’écriture? – Quels usages et quel enseignement de la langue? Quels rapports entre les élèves et les pratiques langagières? – Quelle part de liberté pour les élèves, dans le choix des savoirs et objets d’études, dans les modalités de travail, mais aussi dans l’espace classe, dans leur établissement? – Quels positionnements face aux réformes Blanquer? Comment subvertir des programmes rétrogrades qui réduisent à littérature et l’enseignement des Lettres à quelques grands noms et principes? Ces échanges seront fondés sur nos pratiques, notre expertise pédagogique, mais également nos lectures, nos recherches et les études touchant à l’enseignement des Lettres, à la littérature, à la linguistique…   […]

De l’émancipation

Un an après la naissance du collectif Lettres Vives, nous tombons tous à peu près d’accord sur la question qui nous rassemble (la question, pas l’affirmation) : comment l’enseignement du français peut-il apporter sa pierre à l’émancipation des élèves et nourrir leur autonomie ? Cette question a rencontré des interrogations proches, notamment la publication récente d’un ouvrage important : Les Pédagogies critiques, dirigé par Laurence de Cock et Irène Pereira, aux éditions Agone. Citons Irène Pereira, qui explique, dans Le Café Pédagogique, les questions concernées par cette pédagogie : « Tout ce qui concerne les inégalités sociales, environnementales, les discriminations. Par exemple c’est l’éco-pédagogie : un courant qui s’intéresse à la question de la conscientisation des questions écologiques en essayant de développer chez les élèves une conscience planétaire. Dans les pays scandinaves on voit se développer des pédagogies critiques des normes : elles interrogent les normes dominantes par exemple l’hétérosexualité, le validisme (un corps valide […]

Libre arbitre

Le libre arbitre existe-t-il ? Cette question métaphysique est clairement hors de ma portée. Mais s’il existait on pourrait se demander quel rôle l’éducation peut jouer dans le libre arbitre. On peut définir le libre arbitre comme l’exercice intérieur d’un libre examen qui permettrait d’agir selon sa propre volonté et d’assumer pleinement la responsabilité morale voire juridique de ses actes. Que son existence soit ou non démontrée, il est postulé par la justice à partir d’un certain âge qui varie selon les cultures et les lois, ce qui fait qu’à l’inverse de l’adulte majeur, l’enfant en est jugé dépourvu. L’éducation qui s’occupe d’accompagner les enfants vers l’âge adulte joue donc un rôle dans le développement d’un éventuel libre-arbitre. Selon O. Reboul l’éducation des enfants doit prendre «  la liberté pour fin » et ainsi donner « aux éduqués le pouvoir de se passer des maîtres, de poursuive par eux-mêmes leur propre éducation, […]