À propos de la vidéo de Mantes-la-Jolie « Ne se mettre à genoux que pour cueillir une fleur » J. Prévert

  Un peu partout en France, dans les nombreuses manifestations lycéennes, des jeunes se sont mis à genoux, mains derrière la tête, en solidarité avec les 152 interpellé·e·s de Mantes-la-Jolie. « Voilà une classe qui se tient sage. On va faire voir ça à leurs profs », peut-on entendre dans la fameuse vidéo tournée par un policier et qui est devenue le symbole de la répression de la jeunesse en lutte.   Pourtant, les images tournées ne montrent pas tout, à commencer par le fait que les jeunes sont restés au moins deux heures dans cette position avant d’être transportés dans des commissariats à plusieurs dizaines de kilomètres, au mépris parfois des procédures légales. Elles ne disent pas non plus que ces lycéens et lycéennes portent des revendications légitimes, à commencer par le droit à la même éducation, partout et pour tous et toutes, mais aussi le droit de s’exprimer, […]

AFEF : Lycéens, quelle confiance ?

Quand les actes démentent les paroles ! Les lycéens se révoltent, ils sont humiliés. Peuvent-ils avoir confiance ? Non, Monsieur le ministre, vous ne pouvez pas accuser les médias d’avoir créé de fausses nouvelles, les images des lycéens agenouillés ou visés par des policiers ne sont pas inventées. Vous parlez de confiance et de bienveillance, et vous ne répondez aux lycéens qu’en augmentant le déploiement sécuritaire. Vous parlez de dialogue et de démocratie, mais vous faites passer en accéléré et en force les réformes des lycées général et professionnel, ainsi que les programmes d’enseignement, hors du délai légal.   Les lycéens manifestent, ils n’y ont pas été poussés par un complot de fausses nouvelles. Ils exercent leurs droits de citoyens et ils ont raison. Quelques casseurs ont infiltré leurs rangs et provoqué des violences, mais la réponse par l’humiliation et la peur de 130 lycéens était-elle proportionnée ? Vous vous […]

Fascinant, le cours de français?

Récemment, j’ai eu l’occasion de questionner Grégory Chambat et Philippe Meirieu (1) sur la fascination des médias et par là, de beaucoup de familles, face à certains courants et pratiques dans le champ de l’éducation : méthode Montessori, lever de drapeau en chantant la Marseillaise, neurosciences… Tous deux ont expliqué la nécessité de déconstruire ces fascinations et de proposer d’autres voies pour défendre et faire évoluer une école publique dont les finalités devraient être plus de solidarité, d’égalité et d’émancipation pour les jeunes. Cela m’a amenée à m’interroger sur la fascination qui peut également opérer autour du cours de français. Qu’est-ce qui fascine dans l’enseignement du français ? Qui est fasciné·e et pourquoi ? Qu’est-ce que cela implique, que d’être fasciné·e ? La fascination : Partons de la définition du mot « fascination ». Selon le Trésor de la Langue Français, la fascination, c’est l’« attrait irrésistible et paralysant exercé par le regard sur une personne, un animal ». […]

Écrire, une punition? Pas question!

Suite aux déclarations du ministre Blanquer parues dans le Figaro le 31/10/2018, dans le cadre de son plan contre les violences à l’école, nombreuses sont les plaisanteries tournant en dérision des propositions qui, il faut bien l’avouer, n’ont rien ni de nouveau, ni de convaincant, ni de sensé. Parmi les déclarations ridiculisées, cette suggestion de punition faite par le ministre aux enseignant·e·s : « tout simplement demander de faire des lignes, ce qui marche très bien ». On pourrait certes sourire, comme beaucoup, du caractère à la fois désuet et absurde de la proposition. On pourrait aussi s’interroger sur ce qui fait dire au ministre que ça « marche très bien » (grâce à cela, ils et elles prendraient pleinement conscience de leur erreur, ne recommenceraient plus, seraient d’un coup plus motivé·e·s par l’école? Moins de violences, donc?). On pourrait enfin relever que le ministre brandit sans sourciller une punition tout à fait illégale […]

Des descriptifs

Chaque année, pour préparer les oraux de l’Epreuve Anticipée de Français, les professeurs des classes de première préparent un document nommé « Descriptif des lectures et activités » qui contient, classés par séquence, l’ensemble des lectures de l’année, groupements de textes, œuvres intégrales, autres supports (œuvres d’art, films, etc.) et autres activités, comme les sorties, les rencontres. Ce document est une sorte de portrait de l’année de cours, il est massif, au jugé, la moyenne est d’une vingtaine de pages. Signé par l’enseignant et le chef d’établissement, il prend le caractère d’un document officiel et atterrit alors dans les mains des élèves, qui se l’approprient tout de suite, le feuillettent, font quelques remarques. Le moment de la distribution est toujours un peu solennel : en fin d’année, cet horizon lointain et mystérieux, ce fantôme même qu’est l’oral de l’EAF commence à prendre forme. Du coup, il peut servir de support à un bilan […]

Et l’école, dans tout ça ?

En 2005, j’étais professeur dans un collège de la banlieue parisienne, un de ces établissements qui obtient tous les labels : Rep+, Ambition Réussite, ZEP, ZUP, Prévention violence, etc. Le collège était loin de Clichy sous Bois mais au milieu d’un quartier fort justement qualifié de sensible. A Clichy sous Bois, trois jeunes garçons poursuivis par la police s’étaient réfugiés dans l’enceinte d’un transformateur EDF. Deux sont morts. L’atmosphère de l’époque, dans lesdits quartiers, était assez tendue : M Sarkozy, alors ministre de l’intérieur en pré campagne pour les présidentielles de 2007, usait depuis quelques temps de la tactique du feu sur la braise. Après avoir démantelé la police de proximité en même temps qu’il renforçait la répression massive du trafic de drogue, il venait de prononcer deux formules radicales. En juin à La Courneuve, il déclarait vouloir « nettoyer la cité au Kärcher », le 25 octobre, deux jours avant les événements de […]

Les prénoms : du rejet au désir de (re)connaître

« Madame, on prend une feuille simple ou une feuille double pour le contrôle ? » A question banale, réponse banale : « Une feuille double ou deux feuilles simples, ça n’a pas d’importance ». Mais voilà, suivent des rires étouffés, des coups d’œil complices et moqueurs glissés vers les uns et les autres. Quelque chose m’échappe. Devant mon air interrogateur, certains m’expliquent ce qui les amuse : « ben en fait, madame, vous avez dit  » ça n’a pas d’importance ». C’est comme « Sana » ». Sana étant le prénom d’une des élèves de la classe, qui me sourit en me disant « C’est pas grave, madame, j’ai l’habitude ». La plaisanterie est douteuse, certes, même si fréquente chez les adolescents. Je décide cependant de prendre le temps de la réflexion avant de gérer cet incident car il me paraissait assez symptomatique d’un ensemble d’élèves ayant des difficultés à vivre ensemble. Dès le mois de septembre, j’avais effectivement senti une ambiance particulière dans […]

Lettres vives au Salon Freinet le 6 octobre à Paris

Plusieurs membres du collectif Lettres vives seront présent·e·s le samedi 6 octobre au Salon Freinet à Paris. Tout d’abord, de 16h à 17h, pour participer à l’atelier de témoignages et d’échanges autour du thème  « Lecture, culture, liberté : y a-t-il péril en la demeure? ». Ensuite, de 17h15 à 18h30, avec Catherine Chabrun et Laurent Ott, pour une table ronde portant sur le même thème.   Nous vous attendons nombreuses et nombreux!

Enseigner la conjugaison comme un système

Les pistes explorées dans cette proposition ont commencé à prendre forme dans mon esprit pendant les cours de Jacqueline Authier-Revuz. Elle sut nous donner les cartes pour explorer les réseaux fascinants de la construction du sens, hommage lui soit ainsi rendu. Le système verbal de la langue française Nous autres, enseignants le français, avons beaucoup de chance : le système verbal de la langue française est profondément cohérent. Une grammaire qui fait autorité depuis sa parution, la Riegel Pellat Rioul, propose une distribution en formes simples et composées. Voici comment sont décrites les formes simples : elles sont « constituées, à tous les modes, d’un radical et d’une désinence soudées ». Les formes composées sont quant à elles décrites comme suit : « Quand l’auxiliaire employé est le verbe être ou le verbe avoir, associés à un participe passé, on parle de formes composées (ou temps composés) du verbe, par opposition aux formes simples. » Dans La […]

1er bilan du collectif

Un bilan du collectif après presque 5 mois de fonctionnement : 1/ Les textes publiés : 27 contributions depuis le mois de mai Des textes variés : – des communiqués du collectif ainsi que des contributions individuelles – sur des sujets d’actualités, sur les examens, sur les programmes, les réformes ou sur des rdv à ne pas manquer – sur des choses lues, vues, entendues. 2/ Les chantiers en cours : n’hésitez pas à vous signaler pour participer aux différents chantiers. Il est toujours temps de nous rejoindre ! (1) – Un groupe travaille sur le bac, version Lettres vives : qu’attend-on des sujets du bac, pourquoi… ? – Un groupe travaille sur le journal de bord côté prof, côté élèves – Le 6 octobre, pour le salon de la pédagogie Freinet, le Collectif Lettres vives participera à la table ronde « Lecture, culture, liberté : y a-t-il péril en la demeure ? ». 3/ Les chantiers et contributions possibles : Mise […]